Alors que la guerre met toujours le système de santé ukrainien à rude épreuve, le partenariat entre l’Union européenne (UE) et l’OMS contribue à maintenir les services de santé essentiels, tout en renforçant le système de santé afin qu’il puisse faire face aux difficultés futures.
Grâce au projet mené conjointement par la direction générale de l’Elargissement et du voisinage oriental (DG ENEST) et l’OMS, des solutions d’urgence et des réformes durables favorisent la résilience, le redressement et l’accès équitable aux soins pour des millions d’Ukrainiens.
Compte tenu des attaques répétées contre les infrastructures énergétiques essentielles et des besoins accrus en matière de santé, en particulier dans les zones proches de la ligne de front et les régions touchées par la guerre, ce projet est centré sur les hôpitaux : renforcement des soins de santé primaires, amélioration de l’accès aux médicaments et résolution des problèmes de santé publique prioritaires.
« Avec le soutien de l’Union européenne, par l’intermédiaire de la DG ENEST, l’OMS aide à affronter les risques immédiats tout en soutenant les réformes et les besoins de longue durée qui sont essentiels pour que les services de santé continuent à fonctionner et à être accessibles aux personnes qui en ont le plus besoin », déclare le docteur Jarno Habicht, représentant de l’OMS en Ukraine.
Maintenir les hôpitaux en service pendant l’hiver
Assurer la continuité des soins dans des conditions hivernales difficiles est une priorité absolue. L’OMS a installé six unités de chauffage modulaires dans des hôpitaux des régions de Zaporijjia et de Tchernivtsi, ce qui permet à ces établissements de fonctionner indépendamment des systèmes de chauffage municipaux centralisés. Conçues pour fonctionner en toute autonomie pendant les ruptures d’alimentation, ces unités ont protégé les patients, les personnels de santé et les équipements médicaux indispensables lors de coupures de courant prolongées, permettant ainsi aux hôpitaux de continuer à dispenser des soins tout au long de l’hiver.
Par ailleurs, l’accès à l’eau potable – essentiel pour la prévention des infections et la qualité des soins – a été élargi. L’OMS a installé cinq stations de pointe pour le traitement de l’eau dans les principaux hôpitaux de la ville et de la région de Kharkiv. Chaque station procède à une purification en de multiples étapes, garantissant ainsi la sécurité et la qualité de l’eau destinée aux blocs opératoires, aux maternités et aux unités de soins intensifs.
Parallèlement, l’OMS a livré des médicaments indispensables, du matériel de traumatologie et des équipements médicaux d’urgence à des établissements de santé situés sur la ligne de front, afin de répondre aux besoins urgents résultant des hostilités en cours.
Renforcer le financement de la santé et les soins de santé primaires
Au-delà de l’action d’urgence, le projet de la DG ENEST et de l’OMS permet de soutenir le renforcement à long terme des systèmes de santé, en mettant l’accent sur le financement de la santé, la gouvernance et les soins de santé primaires.
L’OMS aide à formaliser les processus de gouvernance, à améliorer la planification budgétaire et à renforcer les soins de santé primaires, en particulier dans les zones rurales et les régions durement touchées par la guerre. Le soutien au programme de garanties médicales a mis l’Ukraine mieux en mesure de se conformer aux principes de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance publique de l’UE.
En étroite collaboration avec le gouvernement ukrainien, l’OMS a évalué les coûts des soins de santé primaires et soutenu la révision du modèle de financement afin de mieux refléter les besoins des patients et les ressources disponibles en ces temps de guerre. Dès lors, les paiements ont augmenté en 2025, le financement des services de santé mentale au niveau des soins de santé primaires s’est accru et un soutien supplémentaire a été introduit pour les zones rurales et de première ligne, améliorant ainsi l’accès aux soins pour plus de 5 millions de personnes.
L’assistance technique de l’OMS a également contribué directement au programme de garanties médicales pour 2026, ce qui s’est traduit par une augmentation de 19 % du taux de capitation pour cette année. Cela a renforcé le financement des prestataires et permis de maintenir la priorité accordée aux soins primaires malgré les difficultés liées à la guerre.
Améliorer l’accès aux médicaments essentiels
Ce partenariat permet également d’élargir l’accès aux médicaments en alignant les normes nationales sur les réglementations de l’OMS et de l’UE, en améliorant les systèmes d’achat et en jetant les bases d’une production locale durable.
Certaines initiatives portent sur un meilleur remboursement des médicaments essentiels, l’amélioration de la gestion de la chaîne d’approvisionnement et de l’assurance qualité et le développement de la formation professionnelle. Des campagnes de communication ciblées aident les personnes déplacées, les habitants des régions nouvellement touchées et les personnes âgées de zones rurales à accéder au programme national de remboursement de médicaments abordables, ce qui permet d’assurer un traitement ininterrompu.
Pour faciliter la prise de décisions fondées sur des données probantes, l’OMS a mis au point un modèle d’impact budgétaire intégrant les données du marché des produits pharmaceutiques et les schémas de consommation des patients, ce qui permet une affectation plus efficace des ressources et un accès équitable aux traitements.
Combattre les maladies non transmissibles
Les maladies non transmissibles (MNT) poursuivent leur progression en Ukraine, une situation encore aggravée par les interruptions des traitements provoquées par la guerre.
Grâce au partenariat avec la DG ENEST, l’OMS aide les autorités nationales à renforcer la prévention, la détection rapide et le traitement, en s’appuyant sur des lignes directrices cliniques actualisées, des systèmes de surveillance et des initiatives de sensibilisation de la population.
En 2025, un programme pilote de dépistage du cancer du col de l’utérus a été lancé dans la région de Tcherkassy en vue de mettre en œuvre de nouvelles lignes directrices nationales. Des professionnels de la santé ont été formés au diagnostic précoce et à la prévention, tandis que des communautés évaluaient leur état de préparation en vue d’un futur déploiement à l’échelle nationale. Une évaluation des besoins a également permis de répertorier les points forts et les lacunes des traitements anticancéreux et de définir les prochaines étapes prioritaires pour améliorer les services.
Lutter contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles
L’hypertension artérielle reste l’un des principaux facteurs de risque de maladie cardiovasculaire en Ukraine. Selon l’OMS, un Ukrainien sur trois souffre d’une tension artérielle élevée.
En collaboration avec le ministère de la Santé, l’OMS a contribué à la révision des directives cliniques nationales sur la prise en charge de l’hypertension et organisé des formations, des séminaires en ligne et des activités éducatives pour les professionnels des soins de santé primaires. Une campagne d’information nationale a permis d’insister sur le fait qu’il est facile de mesurer la tension artérielle et que son contrôle permet de sauver des vies. Grâce à une série de webinaires, l’OMS a pu atteindre plus de 1 700 médecins de famille dans tout le pays.
L’OMS continue également de soutenir les politiques multisectorielles visant à combattre les facteurs de risque des MNT : lutte contre l’alcoolisme, élimination des acides gras trans de la production industrielle, augmentation de la taxation du tabac et réformes en faveur de repas scolaires sains, soutenues par l’initiative « Cinq étapes pour une nutrition saine ».
Préparation, surveillance et résistance aux antimicrobiens
Pour protéger l’Ukraine contre les menaces sanitaires de demain, l’OMS renforce la surveillance des maladies et la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM). Les capacités d’alerte précoce et de réaction aux épidémies ont été renforcées grâce à l’introduction du système de renseignements sur les épidémies à partir de sources ouvertes et aux enquêtes nationales sur la résistance aux antimicrobiens.
Par la mise en application de la stratégie « Une seule santé », ce projet contribue à la concrétisation du plan d’action national contre la résistance aux antimicrobiens, au déploiement d’un dispositif de surveillance intégrée et à l’organisation de campagnes de sensibilisation à l’échelle nationale.
Dans le cadre du partenariat avec la DG ENEST, l’OMS continuera à soutenir le système national de santé ukrainien durant toute l’année 2026.

